Filière bois : le déficit des échanges se stabilise Август 22, 2008
Durant ces cinq dernières années, le solde des échanges de la filière bois s’est lentement dégradé, avec une accélération notable au premier semestre 2007, qui semble cependant endiguée. Il n’empêche que dans un pays où la couverture forestière ne cesse de s’étendre, les importations de produits en bois ou dérivés atteignent 16,8 milliards d’euros par an et dépassent de plus de 50 % le montant des exportations (10,6 milliards d’euros).
La France continue de dégager des excédents commerciaux dans le domaine des feuillus tempérés, notamment les bois ronds en chêne et en hêtre. Il n’y a pas de quoi pavoiser puisqu’à l’instar de pays en voie de développement, l’Hexagone n’est pas en mesure de valoriser son capital par l’exportation de produits transformés à valeur ajoutée. Les exportations de grumes de chêne vers la Chine ont doublé et déclenché une polémique quant à l’aberration environnementale selon laquelle les grumes reviennent en France sous forme de parquets en bois PEFC à prix cassés, qui déstabilisent l’industrie française du parquet. Cela dit, l’Agreste précise que les exportations de grumes de chêne vers la Chine ne représentent qu’un montant de 3,6 millions d’euros et 9% des exportations de cette catégorie de produit.
A l’inverse des feuillus, il n’y a pas non plus de quoi se scandaliser de ce que le solde des échanges de bois rond résineux, traditionnellement excédentaire, ne le soit plus depuis 2006. Si les importations en provenance d’Allemagne ont doublé au cours des douze derniers mois, les statisticiens précisent qu’il s’agit probablement des suites de l’ouragan Kyrill qui a frappé l’Allemagne en janvier 2007. Il est sans doute plus embêtant de voir que le déficit des échanges de sciages de résineux se maintient à son record historique. Son montant de 735 millions d’euros dépasse de très loin les excédents dans le domaine des sciages de chêne (68 millions d’euros) et de hêtre (28 millions). A noter que les importations de bois tropicaux progressent de nouveau fortement, tant sous forme de bois rond que de sciages, les sciages dépassant même les niveaux atteints en 2000 et 2001.
Les déséquilibres des échanges de bois ronds et de sciages ne sont rien à côté de ce que l’on relève quand on descend plus en aval de la chaîne de transformation. Les panneaux en particules se maintiennent bien, mais les panneaux de fibres de bois basculent, ce qui reflète bien la situation du marché de la fibre de bois, largement dominé par des acteurs étrangers dans un pays qui fait encore la part belle aux fibres minérales. A noter que le solde positif des ouvrages en tonnellerie compense le déficit des ouvrages de menuiserie. Pour les meubles et sièges en bois, le déficit se maintient à la bagatelle de 1,8 milliard d’euros, un chiffre que l’on retrouve pour les papiers et cartons où ne se distingue que le papier journal. 1,8 milliard, c’est trois fois plus que le déficit des échanges de la pâte de bois et des vieux papiers, la France ne présentant un excédant marqué que dans le registre des déchets et rebuts de papier.
Le chiffre de 6 milliards d’euros est à mettre en relation avec le déficit global de 39,2 milliards d’euros enregistré par la France en 2007, en qui devrait encore se creuser en 2008. Il semble mal venu au moment où la balance énergétique se creuse. Et qui sait, peut-être justement que la flambée des prix de l’énergie va stimuler à terme, dans un logique de proximité, le développement des activités économiques françaises dans le secteur des bois et dérivés.